BurkinaCulture

Burkina Faso: « African Initiative » organise une conférence internationale sur la préservation des valeurs traditionnelles face aux influences occidentales

L’association Russo-burkinabè « African Initiative » a organisé une conférence internationale le vendredi 20 décembre 2024 sur le thème « Protection et conservation des valeurs coutumières et traditionnelles sous influences occidentales ». Environ 130 jeunes issus de milieux divers ont assisté à cette conférence. L’objectif selon les organisateurs est de sensibiliser les jeunes sur la nécessité de préserver l’héritage culturel face aux défis de la mondialisation.

Pour le président de l’association Russo-burkinabè « African initiative » Ayo Soumaïla Azenwo, la culture doit être au centre de toutes les évolutions. Elle doit être le repère de tout individus face aux défis de la mondialisation.  « La culture est notre plus grande richesse. Sans elle, nous sommes perdus. Nous devons adapter nos pratiques culturelles à la civilisation moderne, mais jamais les abandonner », a t-il souligné. Ayo Soumaïla précise que « malgré les avancées technologiques, telles que l’intelligence artificielle, nos valeurs culturelles doivent rester notre socle, car sans elles nous sommes perdus ». Egène Copot de l’Université pédagogique d’Etat de Moscou, intervenant depuis la Russie a souligné l’urgence de restaurer les valeurs traditionnelles. Pour Egène, « restaurer les valeurs traditionnelles et culturelles est une question de survie pour l’humanité, si nous voyons comment l’humanité a évolué depuis la seconde guerre mondiale a maintenant » , a t’il déclaré.

Naaba Abga, chef du canton de Bingo a évoqué le caractère sacré et communautaire du mariage en pays moaga

Sa Majesté Naba Anbga, à propos de « l’impact de la mondialisation sur les pratiques culturelles et religieuses », a mis en lumière la manière dont certaines coutumes, notamment celles liées au mariage, ont été dénaturées, compromettant ainsi la cohésion sociale des communautés. Il a également évoqué le rôle central de la femme dans la société traditionnelle. « La femme est un être sacré qui mérite beaucoup de respect. Malheureusement, par manque de connaissances, de nombreuses jeunes filles perdent des valeurs essentielles, ce qui affecte leur vie relationnelle et familiale. Pour un développement communautaire durable, il est impératif de retrouver ces valeurs oubliées« , t’il expliqué aux jeunes.

Quant à Innocent Marie Ida Bationo, écrivain et intervenant sur « les traditions du mariage en pays Gourounsi », a débuté son intervention par une citation de Frantz Fanon, « nos enfants ont une peau noire et un masque blanc » , ouvrant ainsi un débat sur la nécessité de réconcilier les traditions locales avec les réalités contemporaines. « Le mariage dans la communauté africaine précisément chez les gourounsi est chose sacrée et indissoluble qui regroupe un certains nombre de rites qui de nos jours ne sont pas mis en lumière, et que nous nous devons de respecter et promouvoir » , a t’il ajouté. Djibo Sinaly, directeur des expositions et de la médiation au Musée national du Burkina Faso, la culture dans le développement est d’une importance capitale. « Aucun pays ne peut se développer en mettant de côté sa culture« , a t’il déclaré. Il a notamment évoqué la disparition des codes vestimentaires traditionnels liés à la teinture et au Faso Dan Fani. Selon lui, il est crucial de préserver ce patrimoine et de réintroduire les enseignements perdus. « Les connaissances liées à la teinture sont en train de disparaitre par manque de connaissances.la jeune génération devrait avoir accès à ces œuvres  afin de perpétuer cette œuvre qui représente notre identité« , a t’il ajouté.

Grand Docteur, reggaeman et fervent défenseur des traditions africaines, a dénoncé l’influence des médias dans l’abandon progressif des valeurs culturelles locales. Selon lui, « les médias sont des relais et des points focaux qui nous obligent à nous comporter comme les occidentaux ». Il a salué la prise de conscience croissante de des jeunes face à ce phénomène. Il affirme que « nous avons heureusement compris que cette voie nous mène à notre perte « . Cette prise de conscience a donné plus de légitimité et de poids aux associations œuvrant pour un retour aux traditions. « Il est important pour chaque peuple de croire en ce qu’il produit, que ce soit dans les domaines de la musique, de la danse ou d’autres expressions culturelles. « La confiance en nos créations est essentielle pour préserver notre identité« , a-t-il terminé, appelant à une valorisation des richesses culturelles africaines face aux influences extérieures.

Cette conférence a permis de rappeler qu’il est nécessaire de sauvegarder les valeurs traditionnelles tout en les adaptant au monde moderne. Les intervenants ont unanimement appelé à un engagement collectif pour transmettre cet héritage aux générations futures.

Ange Zongo

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