
Ouagadougou a une fois de plus vibré au rythme du cinéma africain avec la 29ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Cette année, le prestigieux Étalon d’or de Yennenga a été décerné au réalisateur burkinabè Dani Kouyaté pour son film Katanga, la danse des scorpions, marquant ainsi un retour triomphal du Burkina Faso au sommet du cinéma africain après 28 ans d’attente.
235 films toutes catégories confondus étaient en compétition à cette 29e édition du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou(FESPACO). A l’arrivée, Le film « Katanga, la danse des scorpions » de Dani Kouyaté a été sacré « Étalon d’or de Yennenga ». Ce film réalisé en images « noir-blanc », qui est une immersion poignante dans l’histoire du Katanga a su capturer les réalités sociales et politiques avec une profondeur remarquable. l’Étalon de bronze revient au film « On Becoming a Guinea Fowl » de Rungano Nyoni.

Dans la catégorie documentaires, l’Étalon de bronze a été attribué à « Loin de moi la colère » de Joël Akafou, un film ivoirien qui explore avec sensibilité les thèmes du pardon et de la réconciliation après des périodes de conflit. Ces distinctions montrent la richesse et la diversité de la production cinématographique africaine, soulignant le rôle de ces films dans la narration des réalités contemporaines du continent.
Outre les prix traditionnels, plusieurs distinctions spéciales ont été attribuées pour honorer des œuvres qui se sont démarquées par leur excellence et leur originalité. Le Grand Prix du Président du Faso a été décerné à « Yikian » d’Alidou Badini, un film qui allie subtilement tradition et modernité, tandis que le Grand Prix du Président du Faso du meilleur espoir du cinéma burkinabè a récompensé le film « 75 mille » de Jean Claude Ouédraogo, promettant ainsi un avenir brillant pour le cinéma national.

Le Prix du public, attribué par la RTB, a été remis à « Katanga, la danse des scorpions », une consécration qui témoigne de l’engouement des spectateurs pour cette œuvre remarquable. De plus, des prix comme le Prix Paul Robeson du meilleur film de la diaspora ont honoré des films tels que « L’Homme-Vertige » de Malauray Eloi Paisloy de Guadeloupe, tandis que des Mentions spéciales ont été accordées à « L’oubli tue deux fois » de Pierre Michel Jean et « Othelo », le Grand de Lucas H. Rossi Dos Santos, qui illustrent la diversité des histoires racontées au-delà du continent africain.
Le prix Idrissa Ouédraogo récompensant des talents émergents avec le prix de la meilleure révélation a été attribué au film « Nails Man » du Congolais Sheriya Twana, alias Jason Bolay.
Les jeunes talents du cinéma africain ont également été mis à l’honneur, notamment dans les catégories des courts-métrages. Le Poulain d’or du film fiction court-métrage a été attribué à « I Promise You Paradise » de Morad Mostafa (Égypte), tandis que les Poulains d’argent et de bronze ont récompensé des films de Beza Hailu Lemma (Éthiopie) et Azedine Kasri (Algérie). Le domaine du documentaire court-métrage n’a pas été en reste, avec le Poulain d’or remis à « Khamsinette » d’Assia Khemici (Algérie), un film qui a su captiver le public par sa force narrative.

La prochaine édition du FESPACO se tiendra du 27 février au 6 mars 2027. En attendant, les cinéastes africains continueront d’écrire l’histoire du septième art, entre traditions et modernité, dans une Afrique en pleine mutation. Le festival de cette année a non seulement mis en lumière des films d’une grande qualité, mais il a aussi renforcé la place du FESPACO comme l’un des plus grands événements culturels du continent africain.
Issoufou Kaboré



