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Crise politique au Togo : des Togolais de la diaspora réclament la démission de Faure Gnassingbé

Des manifestants ont pris d’assaut les rues de la capitale Lomé, le vendredi 27 juin 2025, pour dénoncer les récentes réformes constitutionnelles jugées inacceptables. Ils réclament  la démission du président Faure Gnassingbé mais c’est sans compter sur les forces de l’ordre togolaises qui répriment violemment les manifestants souvent jusqu’à leurs domiciles.  Loin de leur pays natal, des Togolais résidants au Burkina Faso expriment leurs inquiétudes sur cette politique qui prend des proportions dangereuses.  

Le Togo traverse une nouvelle phase de tensions politiques alors que des manifestations contre le pouvoir en place ont éclaté dans plusieurs quartiers de la capitale, Lomé. Des centaines de manifestants ont été dispersés par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes et de matraques, dans un contexte de contestation des réformes constitutionnelles en cours dans le pays de Faure Gnassingbé.

Des rassemblements, organisés par des militants, blogueurs et membres de la société civile, visent à dénoncer les réformes constitutionnelles récentes qui renforcent considérablement le pouvoir du président Faure Gnassingbé. Ce dernier, déjà à la tête du pays depuis 2005, a été investi en mai 2025 à un nouveau poste celui de « président du Conseil des ministres » ; une fonction désormais sans limitation de mandat.

Sur le terrain, les manifestations, prévues sur plusieurs jours, ont rencontrés des barricades des forces de l’ordre et de sécurité du pays. Plusieurs foyers d’incendie de pneus ont été déclarés dans la capitale et des arrestations de manifestants signalées. Des militaires ont été déployées et un important dispositif sécuritaire mis en place. L’opposition politique quant à elle parle de « Coup d’État constitutionnel » et réclame la libération de tous les prisonniers politiques.

Au-delà des frontières togolaises, cette crise politique que traverse le pays suscite une vive inquiétude au sein de la diaspora. Au Burkina Faso, plusieurs ressortissants togolais vivent cette crise avec la peur au ventre.

Viviane, togolaise résidant au Burkina Faso a fui son pays à cause de l’absence de liberté

Viviane, togolaise installée à Ouagadougou depuis 34 ans, affirme avoir fui son pays en raison des difficultés politiques. « Le Togo, ce n’est pas la propriété de la famille Gnassingbé. Nous sommes fatigués. Il faut qu’ils quittent le pouvoir et laissent la place aux autres », explique t-elle.

Abdoulaye, un autre togolais de 61 ans résidant au Burkina Faso depuis plusieurs années , partage un sentiment similaire. « Depuis que je suis né, c’est toujours la même famille au pouvoir. Je m’inquiète pour mes proches restés au pays. Il est temps que la jeunesse prenne le relais », laisse t-il entendre d’un air attristé.

Inna, diplômée au chômage, résume sa frustration en dénonçant un système qui, selon elle, étouffe les ambitions. « On est fatigués du régime copinage. Il faut qu’ils partent. L’alternance est une nécessité », lance la jeune femme avec véhémence.

Abdoulaye invite la jeunesse togolaise à prendre ses responsabilités

Edoé Mensah-Domkpin, journaliste togolais basé au Burkina Faso, se montre particulièrement préoccupé. Il dénonce un système fermé, dominé par une minorité, et salue l’engagement de la jeunesse. « En tant que Togolais ayant vécu les violences de 2005, je suis inquiet. Le régime est prêt à tout pour rester en place. Les jeunes manifestent se battent pour leur avenir, et ils font face à une répression brutale», explique t-il tout en ajoutant que « Cette génération garde espoir malgré tout. Je suis fier de leur courage. Ils veulent un changement réel, pas juste des mots ».

Pour beaucoup, la situation actuelle est le reflet d’un épuisement général : pauvreté persistante, chômage élevé, coût de la vie en hausse et absence de perspectives politiques. Les récents ajustements constitutionnels n’ont fait qu’attiser une colère déjà bien installée, même au delà des frontières togolaises.

Issoufou Kaboré

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