
Les ministres des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) doivent se réunir à Dakar le 11 juillet 2025. Mais à quelques jours de cette importante rencontre, l’organisation sous-régionale est en proie à une crise inédite. Pour cause, le président ivoirien, Alassane Ouattara, refuse de voir le Burkina Faso assurer la présidence tournante du Conseil des ministres de l’UEMOA. Une position créant polémique dans l’espace UEMOA.
À quelques jours de la réunion prévue à Dakar, le président ivoirien Alassane Ouattara s’oppose à ce que le Burkina Faso prenne la tête du Conseil des ministres, déclenchant une crise sans précédent au sein de l’organisation. Une tradition bien établie depuis la création de l’union en 1994 veut que la présidence de cette instance soit exercée à tour de rôle par chacun des États membres.
Selon le protocole établi, c’est au tour du Burkina Faso de prendre le relais en cette année 2025. Un passage actuellement remis en cause. D’après plusieurs sources diplomatiques, le chef de l’État ivoirien considère qu’un régime de transition dirigé par des militaires, comme c’est le cas au Burkina Faso, ne peut légitimement présider une institution aussi stratégique. Suite à cette déclaration, les autorités n’ont pas tardé à réagir. Des voix officielles dénoncent « une tentative de marginalisation politique, assimilée à une atteinte à la souveraineté nationale. Il s’agit d’une volonté de museler un État membre au nom d’un alignement politique« , a déclaré un représentant du gouvernement burkinabè.
Pour les partisans du pouvoir de transition, ce refus remet en question l’esprit de la coopération sous-régionale, surtout qu’aucun texte juridique de l’UEMOA ne stipule qu’un gouvernement de transition ne peut exercer la présidence tournante.
Pour tenter de sortir de l’impasse, plusieurs diplomates appellent au dialogue et à l’apaisement. Le Sénégal, pays hôte de la réunion prévue le 11 juillet reste neutre et cherche à rapprocher les positions. Quant aux autres observateurs, certains évoquent l’idée d’une présidence partagée ou déléguée temporairement à un pays tiers. Mais ces options, si elles calment la situation à court terme, ne résoudront pas la question de fond.
Les autres Etats membres de l’AES tels que le Mali et le Niger, eux aussi dirigés par des militaires, pourraient emboîter le pas au Burkina Faso et refuser d’assister à la réunion si leur voisin n’en assure pas la présidence comme prévu.
Ange Zongo



