
Une cérémonie officielle de restitution complète des emprises utilisées par l’Armée françaises a été organisée au camp militaire de Ouakam au Sénégal, le jeudi 18 juillet 2025. Cette cérémonie marque la fin de plus d’un siècle de présence militaire française au Sénégal. Au Burkina Faso, des Sénégalais apprécie ce départ et saluent une prise de conscience sur la nécessité de prendre leur destin en main.
Pour Aminata Farida Diop, une Sénégalaise résidant au Burkina Faso, le retrait des troupes françaises du Sénégal va bien au-delà d’un simple départ militaire. Elle y voit « un signe fort de reprise de souveraineté, qui pourrait ouvrir la voie à un véritable développement, sans dépendre systématiquement de l’étranger ».
Selon elle, « ce départ est une occasion pour la jeunesse de se remettre en question et de prendre pleinement conscience de son rôle dans le développement du Sénégal ». Arthur Ndiaye, un autre Sénégalais résidant au Burkina Faso partage le même point de vue que Aminata. Pour lui, le départ de l’armée française ne représente pas une menace pour la sécurité du pays, « au contraire, cela permettra à notre armée de remplir sa mission sans obstacle. Les autorités ont pris une sage décision », a t’il déclaré.
Il invite cependant les autorités sénégalaises à rompre définitivement avec l’ancienne forme de coopération entre la France et l’Afrique. « Nous ne sommes plus dans une logique de coopération France-Afrique, aujourd’hui il faut un partenariat équilibré entre des États indépendants et responsables », a t-il ajouté. « Il n’y a pas de base africaine en Europe, donc il n’est pas normal qu’il y en ait en Afrique » , précise Arthur. Patience Sy, activiste sénégalaise, se dit quant à elle confiante en l’avenir. « Nous, les jeunes, sommes prêts à relever le défi et à nous battre pour un meilleur Sénégal » , affirme-t-elle. Elle reconnaît que la tâche ne sera pas facile, mais voit dans le retrait de l’armée française « un signal fort ». Le défi est grand, mais ce départ va pousser chacun à prendre conscience que « le changement est en marche et c’est ensemble que la population pourra le relever », a t-elle insisté.
Ange Zongo



