
Une conférence internationale consacrée à la digitalisation du secteur de la santé a réuni experts burkinabè et partenaires internationaux le samedi 4 avril 2026. Plusieurs experts et acteurs de la Santé ont pris à cette conférence organisée par « African Initiative ». Au cœur des discussions, la question de la souveraineté numérique, illustrée par l’expérience russe.
Une conférence internationale sur la digitalisation dans le domaine de la Santé au Burkina Faso s’est tenue à Ouagadougou, le 4 avril 2026. Organisé par « African Initiative » en collaboration avec les ministère en charge de la Santé et de la Transition digitale du Burkina, cette conférence porté sur deux axes majeurs à savoir l’état des lieux de la digitalisation sanitaire et les enjeux de souveraineté numérique appliqués vis-à-vis du secteur de la Santé. Le président de « African Initiative », Ayo Soumaïla Azenwo a indiqué que la rencontre visait à dépasser le simple cadre des échanges théoriques. «Nous ne sommes pas seulement ici pour parler de problèmes, mais pour construire ensemble des solutions concrètes», a-t-il déclaré.
L’expert russe, Dmitri, a focalisé sa communication, sur la souveraineté numérique de la santé, en se basant sur le modèle développé par la Russie depuis 2019. Le directeur des systèmes d’information du ministère de la Santé, le Dr Jean Serge Ouattara, a situé les enjeux au niveau national. Il a insisté sur les efforts en cours pour transformer le système de santé grâce au numérique. «Nous sommes en train de faire un certain nombre d’interventions numériques qui vont véritablement révolutionner le secteur de la santé», a-t-il expliqué. L’épidémiologiste a expliqué que son pays a construit un écosystème national intégré, fondé sur le principe de «l’État comme plateforme».

Cette approche permet de centraliser les données de santé et d’assurer leur circulation entre structures médicales, tout en garantissant leur sécurité. «Nous avons créé non pas des solutions dispersées, mais un véritable écosystème national basé sur l’indépendance technologique», a-t-il affirmé.
Selon l’expert, cette stratégie a permis de rompre avec la dépendance aux technologies étrangères. Les systèmes d’exploitation, bases de données et infrastructures numériques ont été progressivement remplacés par des solutions locales. Résultat , « 100 % de l’infrastructure critique de la santé a été transféré vers des logiciels nationaux », a-t-il mentionné. Il a également insisté sur la dimension sécuritaire.
Dans un contexte de tensions géopolitiques, la souveraineté numérique est devenue, selon lui, une condition d’accès aux soins. «Pour le secteur de la santé, la souveraineté n’est plus un concept abstrait, mais une question de sécurité nationale», a-t-il soutenu. Au-delà des performances techniques, l’épidémiologiste a plaidé pour une approche pragmatique des échanges internationaux. «Une chose est de lire des rapports, une autre est d’avoir des discussions concrètes qui permettent de comprendre les réalités et d’apporter des solutions pratiques», a-t-il déclaré. 
À travers cette rencontre, les organisateurs entendent poser les bases d’une coopération renforcée en matière de santé numérique. Pour le Burkina Faso, l’enjeu est de s’inspirer d’expériences comme celle de la Russie pour construire un système de santé digitalisé, autonome et adapté aux réalités locales.
Issoufou Kaboré



