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Burkina Faso : du « Poisson Baankan » pour renforcer la souveraineté alimentaire du pays

Le « Poisson baanka » est une trouvaille de Zakaria Sawadogo. Le « Poisson Baanka », c’est du poisson d’eau douce élevé dans des conditions naturelles et nourri avec de l’aliment biologique fabriqué par le promoteur lui-même. À Louda, à quelques encablures de la ville de Kaya, où il a établi sa ferme piscicole, Zakaria attire et séduit visiteurs et acheteurs avec son « poisson baankan ».

Zakaria Sawadogo est un autodidacte dans plusieurs aspects de la vie, mais à Kaya, il a « sorti la tête » de l’eau grâce au « poisson baankan ». Avec une expertise locale dont lui seul maîtrise les paramètres, Zakaria Sawadogo parvient à alimenter la ville de Kaya et d’autres villes de la sous-région en poissons. « J’ai remarqué le déficit en poisson dans ma localité et je me suis dit qu’on peut aussi en produire comme on le fait avec les ruminants. Voilà pourquoi je me suis lancé dans la pisciculture. Si vous avez l’eau, vous avez du poisson », explique Zakaria. Il ajoute que « le « baankan » est un poisson de qualité consommé par beaucoup de personnes à travers le Burkina Faso. Le goût de mon poisson est différent des autres. Il y a des poissons de 10 kg, 15 kg, et même de 20 kg dans les bassins », dit, tout confiant, Zakaria.

Certes, la maîtrise de l’eau est indispensable en pisciculture, mais l’autre équation à laquelle Zakaria s’est confronté dès le début de son projet a été celle des aliments pour nourrir les poissons. Là encore, notre autodidacte a fait appel à son génie créateur. Il a réussi à développer un aliment purement bio issue de produit locaux. « C’est moi-même qui fais la nourriture de poissons. C’est de qualité. Il n’y a pas de produits chimiques à l’intérieur. Ça permet une bonne croissance des poissons », assure-t-il. Dans la composition de l’aliment, ajoute-t-il, on y retrouve du kaolin, de l’huile d’arachide, du sang de bœuf, du sel et d’autres ingrédients secrets. Les aliments de Zakaria Sawadogo ont été distingués plusieurs fois au Forum national de la recherche et des innovations technologiques (FRSIT). Depuis sa dernière distinction en 2025, il dit recevoir régulièrement des demandes de formation de plusieurs personnes, des fonctionnaires y compris.

Zakaria Sawadogo dit commercialiser des tonnes de « poissons Bakaan » à travers le Burkina Faso. Après ses activités de pisciculture, Zakaria revêt sa tunique de philanthrope. Il héberge près de 4.000 déplacés internes qu’il tente de soutenir avec les moyens du bord.

La Rédaction

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