Le décret portant réglementation des coiffures dans les établissements scolaires publics au Burkina Faso est entré en vigueur le 30 mars 2025. Selon cette nouvelle règlementation les élèves doivent avoir « une coiffure uniforme spécifiant une coupe à ras, simple et sans embellissements, autorisant seulement les tresses et nattes naturelles pour les filles ». Au lycée municipal de Bogodogo, dans l’arrondissement 10 de Ouagadougou, élèves et responsables sont à pied d’œuvre pour le respect stricte de la règlementation.
Coiffure à ras pour les garçons et des tresses simples pour les filles, les élèves du lycée municipal de Bogodogo semblent avoir compris le message du gouvernement sur la nouvelle réglementation des coiffures en milieu scolaire, grâce à la campagne de sensibilisation entreprise par la vie scolaire du lycée. « Nous avons pris la semaine avant les congés pour procéder à la sensibilisation et donner les modèles de coiffure qui sont acceptés dès la reprise », a expliqué le proviseur du lycée municipal de Bogodogo, Toussaint Kaboré.

Dès le premier jour de la reprise, les agents de la vie scolaire ont pris le soin de vérifier le respect de la mesure par l’ensemble des élèves et cela classe par classe. Les élèves qui n’étaient pas en règle avec cette mesure ont été temporairement expulsés pour qu’ils puissent se conformer, a-t-il indiqué. « Certains élèves sont revenus avec leurs parents, mais lorsque nous leur avons expliqué, montré les textes et les avons invités à suivre l’actualité, ces élèves sont revenus en moins d’une heure avec des têtes bien jolies » , a indiqué Toussaint Kaboré . La loi sur les coiffures vient résoudre le problème d’inégalité entre les élèves en milieu scolaire et va amener les élèves à vivre ensemble et à étudier sans distinction économique, a-t-il indiqué.

Dans cette même veine, Azara Balina, professeur de français, se réjouit de cette décision qui permettra de résoudre le problème des coiffures extravagantes chez tous les élèves. Ces coiffures ne demandent pas non plus beaucoup d’argent et cela mettra l’ensemble des élèves sur le même pied d’égalité.

Ousmane Kaboré, élève en classe de Tle « D », ne s’attendait pas à cette décision, mais néanmoins s’en rejoint. « C’est beau de voir que nous avons la même coiffure sans exception. Dans les centres de formation de l’armée, il y a une coiffure qui est imposée , nous sommes aussi en formation et nous devons obéir, c’est un acte de discipline », a t-il expliqué. Même son de cloche chez Gnégné Faridatou, élève de la Tle « D ».
La jeune fille accueille cette mesure avec joie. Selon elle « tout le monde est en conformité et cela évite la jalousie et cultive la cohésion sociale ». Caroline Da, une autre élève estime que cette décision est la bienvenue car ces coiffures sont moins coûteuses et, en ce temps de chaleur, permettent d’être plus à l’aise. « En 5 minutes tu peux avoir une coiffure bien faite et retourner à tes cahiers », lance t-elle.
Palingwendé Florence Tassembédo (stagiaire)



