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Lutte contre la corruption: I’Action humanitaire au banc des accusés

Alors que l’aide humanitaire représente une part grandissante du PIB burkinabè, sa gestion reste plombée par des soupçons persistants de corruption. A ‘occasion de la 20e édition des Journées nationales du refus de la corruption, le Réseau national de lutte anti-corruption du Burkina Faso (REN-LAC) a ouvert, le vendredi 11 juillet 2025, le débat sur les dérives dans la gestion de l’Aide humanitaire. Le débat a réuni experts, acteurs de la société civile et autorités. 

Le Réseau national de lutte anti-corruption(REN-LAC) a placé L’édition 2025 des Journées nationales du refus de la corruption(JNRC) sous le thème « Corruption et action humanitaire au Burkina Faso ». Dans son mot d’ouverture, le contrôleur général adjoint de I’ASCE-LC, Urbain Millogo, a souligné que les crises humanitaires offrent un terreau fertile à la fraude, au favoritisme et aux détournements massifs, notamment dans la prise en charge des Personnes Déplacées Internes (PDI). Pissyamba Ouédraogo, Secrétaire exécutif du REN-LAC, a quant à lui insisté sur l’urgence d’une réforme profonde des mécanismes de contrôle. « La souffrance des populations ne doit jamais servir de couverture à l’enrichissement illicite », a t-il indiqué.

Intervenu par visioconférence, André Caria, expert international en lutte contre la corruption, a dressé un tableau sombre du fléau. « La corruption et la fraude équivalent chaque année plus de 5% du PIB mondial, soit l’équivalent de l’économie allemande », a t-il mentionné lors de son intervention. Selon lui, l’audit externe ne permet de détecter que 3 % des cas, contre 42 %révélés par des signalement. Il appelle donc à encourager les lanceurs d’alerte et à investir dans des outils comme I’Intelligence Artificielle et la blockchain pour renforcer les contrôles internes.

L’intervention de Me Prosper Farama, avocat au barreau du Burkina, a dans son intervention, décortiqué le tristement célèbre « dossier Teignan ». A travers ce cas qu’il qualifie « d’affaire-école », il a démontré comment la corruption peut être verticale et horizontale, tissant sa toile entre collègues, supérieurs hiérarchiques et subalternes. « Il faut cesser de nommer uniquement les compétents. Il faut désormais nommer les intègres », a-t-il insisté, tout en appelant à une refondation morale de la chaîne judiciaire.

Issoufou Kaboré

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