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Médias et agriculture : « Vos plumes, vos caméras et vos micros peuvent contribuer à changer le regard porté sur l’agriculture africaine », Bamoye Keïta représentant de l’Office du Niger

Ouagadougou accueille un atelier régional du 16 au 17 juillet 2026, consacré au rôle des médias dans le développement agricole durable. Organisée par le Réseau des journalistes pour la promotion des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), la rencontre réunit des journalistes, des représentants d’institutions publiques, des partenaires techniques ainsi que des experts venus de plus de dix pays de la sous-région. La cérémonie est placée sous le parrainage de Moustapha Souli, président des sociétés Wendwaoga.

Placée sous le thème « Les médias d’Afrique de l’Ouest et du Sahel au service de la production agricole et du développement durable », cette rencontre ambitionne de faire de l’information agricole un véritable levier de transformation des systèmes de production et de renforcement de la souveraineté alimentaire.

Gaoussou SANOU, Secrétaire Général du ministère de l’agriculture du Burkina Faso

Représentant le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Secrétaire général du département, le Camarade Gaoussou SANOU a salué une initiative en parfaite adéquation avec les priorités du Burkina Faso. Dans son discours d’ouverture, il a rappelé que l’information est aujourd’hui une ressource stratégique, au même titre que la terre, l’eau, les semences améliorées ou encore les financements.

«Une exploitation agricole privée d’information fiable est comparable à un champ cultivé sans eau», a-t-il déclaré, soulignant que les producteurs ont besoin d’informations fiables pour mieux faire face aux changements climatiques, anticiper les fluctuations des marchés, prévenir les maladies animales et végétales, respecter les normes de qualité et accéder à de nouveaux débouchés.

Participants

Selon lui, le journaliste agricole n’est plus un simple observateur. Il devient un acteur du développement capable de rapprocher la recherche scientifique des exploitations familiales, de valoriser les innovations locales, d’accompagner les politiques publiques et de favoriser le dialogue entre les différents acteurs des chaînes de valeur agricoles.

Essonana Gilles PADJOLEY, Président du REJPAH-AOS

Pour le président du ReJPAH-AOS Essonana Gilles PADJOLEY , les médias sont extrêmement importants pour accompagner les transformations agricoles dans l’espace sahélien et ouest africain. Pour lui, les médias contribuent à transmettre la bonne information aux populations.

Former une nouvelle génération de journalistes spécialisés

Le point focal du ReJPAH-AOS Burkina Faso, Dirissa Sangaré a, pour sa part, souhaité la bienvenue aux participants venus notamment du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, de la Guinée-Bissau et d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

Il a insisté sur le fait que l’agriculture constitue le socle de la souveraineté alimentaire, de la stabilité sociale et de la prospérité économique de la région. Face aux défis liés au changement climatique, à la sécurité alimentaire et à la transformation agroalimentaire, il estime que le journaliste agricole doit devenir un véritable «passeur de connaissances» entre les chercheurs, les décideurs, les producteurs, les transformateurs et les consommateurs.

Au-delà d’une simple session de formation, le comité d’organisation entend faire de cet atelier un espace de réflexion stratégique autour de la communication agricole. Les participants seront notamment formés aux techniques modernes du journalisme agricole, aux enjeux du changement climatique, à l’agroécologie, à l’économie des filières, à la culture numérique ainsi qu’à la souveraineté alimentaire.

L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes spécialisés, capables de transformer l’information agricole en véritable outil de développement.

Un réseau régional au service des producteurs

Créé les 3 et 4 juillet 2025 à Lomé (Togo) avec l’appui de partenaires régionaux, dont l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation de la CEDEAO, le ReJPAH-AOS entend servir de passerelle entre les producteurs, les institutions publiques et les partenaires au développement.

Le réseau intervient dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche, le pastoralisme, l’agroforesterie, le commerce transfrontalier des produits agricoles, l’environnement et le développement rural.

Il couvre l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’espace sahélien, avec pour ambition de promouvoir une information agricole de qualité, de valoriser les initiatives locales et de renforcer les capacités des journalistes spécialisés.

L’Office du Niger plaide pour un partenariat avec les médias

Invité à cette cérémonie, le représentant de l’Office du Niger (Mali), Bamoye Keïta a présenté la vision de cette institution historique, engagée dans une profonde dynamique de modernisation.

Selon lui, la renaissance de l’Office du Niger vise à transformer cette vaste zone irriguée en un véritable pôle agro-industriel régional, intégrant la production, la transformation, la commercialisation, la mécanisation et l’innovation agricole.

Bamoye Keïta, Directeur – planification de l’Office du Niger

Il a insisté sur le rôle essentiel des médias dans cette transformation, estimant qu’une communication responsable et proche des réalités du terrain est indispensable pour accompagner les réformes agricoles.

«Vos plumes, vos caméras et vos micros peuvent contribuer à changer le regard porté sur l’agriculture africaine, non plus comme un secteur assisté, mais comme un secteur stratégique, innovant et porteur d’avenir », a-t-il lancé à l’endroit des journalistes.

À travers cet atelier régional, le ReJPAH-AOS entend ainsi renforcer les compétences des professionnels des médias afin qu’ils contribuent davantage à la promotion de l’agriculture, à la diffusion des innovations et à la construction d’une Afrique de l’Ouest et d’un Sahel plus résilients sur le plan alimentaire.

Issoufou Kaboré

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